Assemblée générale de l'association des clochers tors d'Europe à St-Côme d'Olt
Les 22, 23 et 24 Juin 2001

 
 
 

Les clochers hélicoïdaux sont rares en Europe :
-environ 28 en France,
-une dizaine en Allemagne,
-5 en Belgique,
-2 en Angleterre.

par rapport aux dizaines de milliers de flèches droites qui trouent le ciel.

Saint-Côme d'Olt est donc légitimement fier de la beauté de son clocher et vous le présente, après les expositions qu'ont faites les communes de Sérignac(lot et garonne) et de Puiseaux(Loiret), dont les recherches nous ont bien aidé.

Partout l'on s'est posé la question : Pourquoi ce clocher tors ?

Un certain nombre d' architectes, à la suite de Viollet-le-duc, soutiennent que ces clochers sont devenus hélicoïdaux par suite d'un séchage insuffisant du bois (Vieil-Baugé, Puiseaux) , d'un manque d'éléments de soutien des enrayures ( en Allemagne et en Belgique ) , de l'influence des vents dominants (Chemiré, St Viatre) ou de la chaleur du soleil (Chesterfield).

A contrario, à Niedermorschwir, on dit qu'il a été construit volontairement tors pour réduire les effets du vent.
Mais, il y a des milliers de flèches de clochers en Europe avec des climats plus venteux, pluvieux ou chauds et il n'y a pas eu torsion.
Cette explication est donc insuffisante.

Le séchage insuffisant du bois est assez souvent invoqué et des essais sur maquette, comme à Puiseaux, on démontré la possibilité d'une torsion après construction.

Mais, pour St-Côme d'Olt, cette explication est difficilement acceptable.Le bâtisseur de notre église, Antoine SALVANH, était sans doute l'un des plus expérimentés maître d'oeuvre de son temps. Il avait déjà construit la tour de la cathédrale de RODEZ, l'une des quatre "Merveilles du Midi", le portail de l'église St Jean d'Espalion, une partie de la belle église du Cambon. Il est resté sur le chantier pendant les 6 ans de construction de notre église, finissant lui-même les portes d'entrée ; la Famille d'Estaing avait fourni des fonds importants pour compléter ceux de la communauté.

On ne peut croire que SALVANH ait laissé employer du bois de mauvaise qualité.
Les charpentiers de St-Côme d'Olt, qui nous ont laissé des charpentes de toits datant du 15e-16e-17e siècles, encore en bon état, qui ont maitrisé la technique des bois courbes avec toutes les toitures en carène de nos maisons et granges, ne peuvent nous laisser croire à une telle négligence.

Les architectes qui ont examiné la charpente du clocher ont dit qu'il s'agissait d'une forme en spirale intentionnelle : M. BOYER, architecte départemental, lors de le réfection de 1929 (B.P. Oct. 1930), M. BUGARD en compagnie de M. Louis BALSAN, les compagnons charpentiers de Serignac etc... Le poinçon central, qui a gauchi dans différentes flèches est resté bien droit à St-Côme d'Olt.

Quand la toiture de notre clocher a été refaite en 1627 (100 ans après la date de construction) le charpentier, dans son contrat, devait remettre la charpente dans l'état ou elle était avant le coup de foudre. Il n'y a donc pas eu de modification au cours des siècles.

On peut donc penser raisonnablement que notre clocher flammé est bien l'oeuvre réfléchie, trés bien réalisée, d'un maître d'oeuvre de grand talent, portée par le soutien des Saint -Cômois qui ont voulu bâtir cette église en 1524 et ont fait les sacrifices nécessaires (voir le contrat SALVANH).

De toute manière, qu'ils soient voulus par le génie du constructeur, qu'ils soient flammés par suite d'éléments naturels ou courbés pour admirer une jolie mariée comme à Offranville, ou témoins de la déception du diable dans une dizaine de légendes, tous ces clochers montrés dans la présente exposition ont une beauté qui a toujours attiré les regards et inspiré peintres et mystiques.


Texte de Maurice BALITRAND
-Au sujet de l'exposition :" Les Clochers Flammés en Europe"
Réalisée par le comité de Sauvegarde de St-Côme d'Olt