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Saint-Côme d'Olt
est donc légitimement fier de la beauté de son clocher
et vous le présente, après les expositions qu'ont faites
les communes de Sérignac(lot et garonne) et de Puiseaux(Loiret),
dont les recherches nous ont bien aidé.
Partout l'on s'est posé
la question : Pourquoi ce clocher tors ?
Un certain nombre d'
architectes, à la suite de Viollet-le-duc, soutiennent que
ces clochers sont devenus hélicoïdaux par suite d'un séchage
insuffisant du bois (Vieil-Baugé, Puiseaux) , d'un manque d'éléments
de soutien des enrayures ( en Allemagne et en Belgique ) , de l'influence
des vents dominants (Chemiré, St Viatre) ou de la chaleur du
soleil (Chesterfield).
A contrario, à
Niedermorschwir, on dit qu'il a été construit volontairement
tors pour réduire les effets du vent.
Mais, il y a des milliers de flèches de clochers en Europe
avec des climats plus venteux, pluvieux ou chauds et il n'y a pas
eu torsion.Cette
explication est donc insuffisante.
Le séchage insuffisant
du bois est assez souvent invoqué et des essais sur maquette,
comme à Puiseaux, on démontré la possibilité
d'une torsion après construction.
Mais, pour St-Côme
d'Olt, cette explication est difficilement acceptable.Le bâtisseur
de notre église, Antoine SALVANH, était sans doute l'un
des plus expérimentés maître d'oeuvre de son temps.
Il avait déjà construit la tour de la cathédrale
de RODEZ, l'une des quatre "Merveilles du Midi", le portail
de l'église St Jean d'Espalion, une partie de la belle église
du Cambon. Il est resté sur le chantier pendant les 6 ans de
construction de notre église, finissant lui-même les
portes d'entrée ; la Famille d'Estaing avait fourni des fonds
importants pour compléter ceux de la communauté.
On ne peut croire que
SALVANH ait laissé employer du bois de mauvaise qualité.
Les charpentiers de St-Côme d'Olt, qui nous ont laissé
des charpentes de toits datant du 15e-16e-17e siècles, encore
en bon état, qui ont maitrisé la technique des bois
courbes avec toutes les toitures en carène de nos maisons et
granges, ne peuvent nous laisser croire à une telle négligence.
Les architectes qui ont
examiné la charpente du clocher ont dit qu'il s'agissait d'une
forme en spirale intentionnelle : M. BOYER, architecte départemental,
lors de le réfection de 1929 (B.P. Oct. 1930), M. BUGARD en
compagnie de M. Louis BALSAN, les compagnons charpentiers de Serignac
etc... Le poinçon central, qui a gauchi dans différentes
flèches est resté bien droit à St-Côme
d'Olt.
Quand la toiture de notre
clocher a été refaite en 1627 (100 ans après
la date de construction) le charpentier, dans son contrat, devait
remettre la charpente dans l'état ou elle était avant
le coup de foudre. Il n'y a donc pas eu de modification au cours des
siècles.
On peut donc penser raisonnablement
que notre clocher flammé est bien l'oeuvre réfléchie,
trés bien réalisée, d'un maître d'oeuvre
de grand talent, portée par le soutien des Saint -Cômois
qui ont voulu bâtir cette église en 1524 et ont fait
les sacrifices nécessaires (voir le contrat SALVANH).
De toute manière,
qu'ils soient voulus par le génie du constructeur, qu'ils soient
flammés par suite d'éléments naturels ou courbés
pour admirer une jolie mariée comme à Offranville, ou
témoins de la déception du diable dans une dizaine de
légendes, tous ces clochers montrés dans la présente
exposition ont une beauté qui a toujours attiré les
regards et inspiré peintres et mystiques.
Texte de Maurice BALITRAND
-Au sujet de l'exposition :" Les Clochers Flammés en Europe"
Réalisée par le comité de Sauvegarde de St-Côme
d'Olt
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